20100131

2H22 - Heaven's Communication

20100124

Confusions d'hier, confusions printanières, M.

Ne pourrais-je pas écrire une loi contre les gens qui n'en peuvent plus de sourire contre le sens du vent, à eux de vomir un peu plus décemment sur le cœur inaudible des adolescents. Moi je n'en peux plus de vivre notre anéantissement, trop blasée des histoires qui ne sonnent jamais vraiment. Je m'en foutais mais tu te casses et si je pleure c'est décevant, le bonheur sans histoire, hier, me paraissait très chiant.
On aimait s'étaler, toi sur moi, cracher contre le vent mais je fus dépouillée, dépouillée de ma chair de mon sang, mon amour s'effondrait mais tu ne m'en voudras pas, d'effacer... surmonter ce qu'il reste de toi.
Et à force d'y croire je finissais par vraiment t'oublier, m'oublier un peu plus calmement. Bien trop comme livrée mais dedans mes soupirs, je bois trop, je m'abstiens mais ne veux pas partir. Ton sourire. Mais qui de nous deux prend cela ? Tu m'as quitté pour un monde, pour mieux me laisser pleurer sans ta voix. Et si je préfère m'isoler, au moins moi je pense et par ma liberté, illustre nos condoléances.
On aimait s'étaler, moi sur toi, cracher contre le vent mais la cruauté, cruauté me chante calmement que mon amour s'effondrait, que je ne t'en voudrais pas, d'effacer, de gommer ce qu'il se ravive parfois.
Je ne m'entends plus vraiment crier encore et encore, mon coeur pleurnichant, quelques ordures, quelques méandres, quelques ordures, quelques méandres... Excusons-nous les guerres, celles qui ne pardonnent pas, esquissais-je les fièvres de ma mégalomania ? Écorchons-nous le cœur, sans attendre le grand froid, mes remords, la douleur ne seront plus de nos lois !
Mais toi, t'as l'air si fière, de crever au combat. Mais toi, t'as l'air si fière mais toi, t'as pas l'air comme ça.
Et ça c'était hier, tout cela nous, et moi & toi, de simples confusions d'hiver qui t'auront arraché de moi.

20100123

Palissons de la nuit claire Mais vipères et calissons

à M.

Il faut que je t'écrive. Je suis entraînée avec force et contre mon gré dans une telle mouvance, une dynamique si forte et si ravageuse que ce cher Bernouilli lui même pourrait me l'envier. De toute part autour de moi les mots fusent. Et le monde était si beau, et le monde était si charmant il y a peu, que dorénavant je m'impose de méditer sur ce questionnement - Que me dirais-tu - afin que d'aucune façon je ne m'use de la sorte.
Hier la nuit était claire. Je ne suis pas venue.
Et par pudeur je n'en saurais prononcer la raison. Mais elle est simple, et tu la connais.
Je ne sais si la possibilité t'est acquise de rencontrer Charles. Baudelaire. Et sincèrement cela serait fort incongru, à y songer plus avant. Je pense que l'idée du Temps est la même pour tout le monde. Physique ou non. Quoi qu'il en soit, si l'occasion se présente, dis lui que je lui suis bien redevable. De m'apprendre certaines choses. Son enfance, pour te donner un exemple, m'a aidé à mieux comprendre une amie. Ce sont ce genre de présents qui m'attachent le plus, tu sais. Une analogie de liens invisibles s'empare de ma peau, mes sensations, brouillées ; se délecte de ma chair et son effet, loin d'être en son entier indolore, se joue de mon esprit et conquiert mon âme. Physiquement, qu'il me paraît souffrir ! Il n'en est rien. Et, si je ne devrais pas parler de "mon corps" car JE SUIS mon corps, me réprimanderait Merleaux Ponty, mon corps est un autre que moi, lui rétorquerai-je. Mon âme, M., est emprisonnée dans ce carcan dont elle ne peut se défaire. Et, si les murs de cette infâme geôle vacillent, si le carcan se déchire, Elle est condamnée. Comme tu ne le sais que trop bien. Ainsi.
Qu'il est aisé de s'afficher souriante.

20100120

T'es libre, M.

T'es libre, M.
Alors pars ! Pars, laisse moi sombrer dans la haine, les méandres de l'inconnu, sans toi, laisse moi tenter de m'échapper à ton souvenir, ton souvenir au loin, éloigné de toutes ces chrysanthèmes. Mais surtout, dès que tu as une minute, penses à moi. Car je n'ai aucune idée de ton quotidien, depuis lors. J'ai relus Les Thanatonautes de B. Werber, par mélancolie profonde et histoire de me rappeler ma religion, ma foi. Tu es bien quelque part, n'est-ce pas ? Quelque part par là.
Je ne sais pas quoi faire. S'échanger mutuellement des tuyaux sur nos avenirs respectifs me semble désormais compromis. Je ne sais même plus si tu m'entends lorsque je m'adresse à toi. Mais à tout hasard envoies moi une colombe ! Quelle impasse ! Là dessus tu m'aurais certainement murmuré que cela est extrêmement futile, je t'aurais probablement répondus que je le sais. & néanmoins, je suis tout de même indécise, et c'est tenace.
Je voulais travailler dans l'humanitaire. Il est trop tard pour faire médecin. Du droit, avocat, juge ? Pourquoi pas. Des lettres. Que faire aujourd'hui d'une écriture soignée et d'une agréable prose ? Pourrais-je venir en aide à quelqu'un de la sorte ? Écrire des articles, publier dans la presse des réquisitoires contre la misère. C'est choquant. Mais cela ne fait que trop peu réagir. Il faut toujours faire le boulot par soi-même. Je pense à tes parents. Je leur ai parlé il y a peu. Comme si c'était hier.
Mais hier est un autre jour.

20100117


20100113

Je ne suis pas CELLE que vous croyez